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24 octobre 2014

"Boulimiques de projets, chineurs hors pair, exigeants jusqu’à la perfection, Nathalie et Patrick ont un souci du détail qu’ils soulignent, en plus, d’un large trait d’humour… N’hésitez pas, foncez, au risque d’éclater de rire au hasard des couloirs…

Quelle est l’histoire du Val de Brangon ?

Nathalie : elle commence en 1824, il s’agit d’une ferme et de sa cidrerie qui appartenaient à une ancienne seigneurie de Baden. Mais pour nous, cela débute en 2009… et cela commence par une année et demie de travaux ! Tout était à refaire, à repenser !

Vous décidez alors de ne pas vivre dans la maison d’hôtes, mais de vous installer dans la cidrerie, pour quelles raisons ?

Nathalie : ce n’est pas que nous ne voulons pas voir nos hôtes! Mais nous avons pensé le bâtiment principal comme une véritable maison de famille. Cela n’empêche que vous me trouverez du matin jusqu’au soir ! Les hôtes sont tranquilles, la maison est pour eux. Nous avons même des hôtes qui viennent deux fois par an et qui nous laissent leurs bottes, leurs cirés et leurs affaires de pêche !

Comment s’y prend-on lorsqu’on a 400 m² à restaurer entièrement, dans un temps imparti assez court, et que l’on a le souci du détail et du décor comme vous ?

Nathalie : tout a été très réfléchi en amont. Nous savions que nous voulions 5 chambres, une grande cuisine ouverte et un salon très confortable. Voilà pour les volumes ! Restait à aménager l’intérieur des pièces et à orchestrer tous les objets et meubles que nous avions accumulés pendant des années… en bons chineurs passionnés ! Une chance, avant que tout ne parte au garde-meubles, notre fils avait photographié chaque élément et en avait noté les dimensions !

Oui, cela aide, mais cela ne fait pas tout !

Nathalie : ma grand-mère me dit souvent que depuis toute petite, elle me voit passionnée  par les aménagements et j’ai en effet certaines aptitudes pour les concevoir ! Durant la restauration chaque fois qu’une pièce était cloisonnée, je plaçais mentalement les meubles et les objets… Mais je ne sais pas dessiner, c’est là que nous sommes très complémentaires avec Patrick ! Une fois les dessins faits, l’électricien pouvait alors intervenir…

Et depuis quand chinez-vous ?

Nathalie : depuis 18 ans ! Sans véritablement de ligne directrice, on fonctionne au coup de cœur, sans jamais rien s’imposer !

Patrick : on chine et on restaure beaucoup… et puis on récupère tout ! Avant de jeter, je garde en me disant qu’un jour une idée va me traverser. C’est l’histoire de l’habillage des murs du vestibule. Un jour, je me suis retrouvé avec le tas de tôles du toit de l’ancienne cidrerie… Je les trouvais tellement belles que je retardais le moment de les apporter à la déchetterie… Et puis, au même moment, il fallait habiller les murs du vestibule… Ça a été comme une évidence ! Je regrette seulement qu’il n’y ait pas eu plus de matériaux quand on a acheté la maison pour les détourner, les faire revivre.

Et vous faites  tout cela en plus avec beaucoup d’humour ! Je pense particulièrement à votre banc où une extrémité est réservée aux mésanges…

Patrick : oui, les planches de l’assise sont trop longues d’un côté, et si l’on s’assoit, on bascule dans le vide…

Nathalie : la vie serait bien triste sinon, non ?

Patrick : et puis, il y a le plaisir de concevoir, d’imaginer, de créer et de partager, d’échanger avec nos hôtes sur nos créations et détournements…

Vous savez également prendre du neuf et lui insuffler l’odeur du temps, comme vos portes de placard dans les chambres qui semblent avoir toujours été là…

Nathalie : Alors que ce ne sont que de simples portes en mélaminé blanc ! Mais je les patine…

Il va falloir nous donner la recette secrète…

Nathalie : j’utilise les cires de la marque Lubéron, et éventuellement les peintures Flamant pour m’assurer un fond, mais cela peut tout a fait être une autre marque. Il faut juste une peinture très mate. Et si je n’arrive pas tout a fait à obtenir la teinte voulue avec mes cires, j’y ajoute du thé ou de la terre. Je ne suis pas à proprement parler quelqu’un de manuel, mais lorsque je me lance dans quelque chose, j’y vais sérieusement… et puis j’essaie, je me trompe et je recommence…

Et le secret des bretons pour préserver leur environnement, leurs paysages et l’authenticité de leur région ?

Patrick : la Bretagne est certainement la seule région dans laquelle les valeurs et les traditions anciennes sont non seulement conservées, mais aussi entretenues et cultivées.

Et revendiquées, non ?

Nathalie : oui, revendiquées et respectées. Les personnes que nous recevons conçoivent assez rapidement notre vision des choses et respectent la terre et nos identités.

Patrick : les bretons ont toujours défendu leurs forêts, leurs côtes, l’équilibre naturel de leur région. Et ce sont des attitudes globales, tout le monde y participe. Voilà pourquoi il est assez simple de croire au durable ici. Nous n’avons pas à rattraper le temps, tout a toujours été en place pour poursuivre le respect de notre terre."

 

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